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Nadaka, Contemporary Indian and World Music

     
Nadaka, My Story


C’est seulement dans la musique occidentale ou les progressions harmoniques des accords sont devenues la norme (systeme développé en Europe au 18e siècle) que l’on trouve la gamme chromatique fixe avec ses demi-tons placés régulièrement à l’intérieur d’une octave. Autrement, en écoutant les musiques traditionnelles partout dans le monde, nous découvrons différentes gammes utilisant des intervalles irréguliers. Ces musiques sont souvent appelées « modales » et les variations des micro-tons font partie de ce qui créé les différentes couleurs, émotions, à la fois pour le musicien et pour l’auditeur ; c’est aussi ce qui définit le caractère unique de chaque genre musical. Les tons non tempérées sont des plus naturels pour la voix humaine: dans la parole ou dans le chant et au cours des âges, de nombreux instruments ont été inventés imitant (plus ou moins) la voix. Ceci est particulièrement vrai en Inde où les glissements et la flexibilité des notes constituent une caractéristique essentielle de sa musique.

Souvent citée par les musicologues comme la gamme des tons justes, contrairement à la gamme tempérée, la musique indienne comprend une série de 22 intervalles (shrutis) dans le cadre d’une octave. Lorsque le musicien joue ou chante un raga quel qu’en soit le mode (pentatonique, heptatonique ou autre), il se sert de ces micro-tons comme pivots et peut ainsi glisser librement entre deux notes comme dans un espace aux possibilités infinies et terminer en revenant éventuellement à la note de départ, la tonique Sa.

En théorie musicale indienne, dans une octave, la seconde, la tierce, la quarte, la sixte et la septième sont variables alors que la tonique (Sa ou Do) et la quinte parfaite (Pa ou Sol) sont immuables à hauteur fixe.

 


Ce bourdon (note constante ou tonique), émis soit d’un instrument comme la Tambura ou simplement perçu à l’intérieur de soi même comme le son AUM, est le point de repère constant dont le musicien indien ne saurait se passer.

La plupart des instruments à cordes occidentaux accordés selon la gamme tempérée ne produisent pas une sonorité harmonieuse lorsque toutes les cordes vibrent simultanément. Par contre les instruments à cordes indiens, généralement accordés en quintes et en quartes, créent une sonorité agréable et harmonieuse.

Ces quelques principes de base de la musique indienne ont été pour moi, pendant des années, indispensables à ma formation et à ma créativité même si la musique que je joue et compose n’est pas particulièrement traditionnelle.

Ma guitare
Il y a environ vingt cinq ans, quand tout ce qui était indien suscitait mon enthousiasme et mon admiration, je découvris d’abord la musique carnatique (de l’Inde du Sud) à travers la Veena et ensuite la musique hindoustani à travers le sarode. J’ai beaucoup aimé jouer de ces instruments sensationnels; toutefois je revenais souvent à la guitare, mon premier instrument, en m’interrogeant sur la possibilité de jouer de la musique indienne de façon authentique sur ma guitare La réponse s’affirma progressivement, au fil des années : pourquoi pas ? Certainement ! Mais en y apportant toutefois des modifications importantes.

C’est ainsi que les choses évoluèrent. Après plusieurs tentatives, je découvris une méthode qui me sembla évidente rétrospectivement, consistant à accorder la guitare en quintes ascendantes do sol, do sol, sol-sol.

Par la suite on en vint à la modification radicale du manche, ce que l’on appelle en termes techniques: « chantournement », méthode qui consiste à découper le bois entre les frettes dans le but d’éviter tout contact direct avec le bois du manche lorsque les doigts s’appuient sur les cordes. On peut ainsi tendre les cordes avec plus de facilité surtout lorsque l’action sur les cordes est intense et que les cordes sont de préférence épaisses et bien tendues. Ainsi, à la fin des années 70, John McLaughlin avait déjà adapté l’une de ses guitares et il s’en est servi lorsqu’il a enregistré trois albums avec son groupe « Shakti ». Ces albums devinrent peu après des jalons de la musique « fusion » Indian-Jazz des années 70.

Ce sont les frettes mobiles qui ont donné à ma guitare sa singularité. C’est en travaillant sur la création d’un tout nouveau manche pour ma guitare folk américaine fabriquée dans les années cinquante que j’avais choisi pour sa tonalité profonde et riche que me vint à l’esprit cette idée : comment rendre les frettes ajustables comme celles d’un Sitar afin de reproduire avec justesse les micro tons des modes indiens et aussi pouvoir jouer simultanément des accords correspondant à ces modes ?

Ayant acquis une certaine expérience dans le travail du bois, et avec un ami qui avait reçu une formation pratique de luthier, j’ai mis en oeuvre ce projet singulier. Avec l’aide d’un menuisier du coin, ça a finalement marché. Au cours de ce travail, nous avons même réussi à évider le manche. A la suite d’une période d’essai et quelques ajustements, satisfait du résultat, j’ai aussi creusé le bois entre les frettes en suivant un profil arrondi et parvint ainsi à le chantourner.

Quelques années plus tard, j’y ai ajouté deux petites cordes ( Chikari ) utilisées pour la rythmique, accordées en do et sol, comme pour le Sitar, le Sarod ou la Veena

En ce qui concerne l’étymologie du mot guitare, la syllabe “guit” signifie chant en sanskrit. Quant à la syllabe “tar” bien que souvent attribuée à l’ancien grec, elle est en fait, à l’origine, issue du sanskrit; à titre d’exemple ektar signifie une corde et sitar plusieurs cordes. Voilà donc une brève description de mon instrument surnommé Guit-Tar.